Un patrimoine de gestes

Jacques-Marie est architecte et développe une pratique à la croisée de l’architecture, de la recherche et de la création artistique. Spécialisé dans la construction bois, il s’intéresse particulièrement aux gestes, aux savoir-faire et au patrimoine vernaculaire et immatériel. À travers des projets menés avec des artistes, des danseurs et des habitants, il explore le récit collectif, la danse et le geste comme outils pour penser et expérimenter l’espace.

Son travail l’amène à intervenir dans différents territoires, notamment dans le Parc naturel régional de l’Aubrac, où il mène des itinérances en milieu rural depuis 2016. Présenté au FRAC Île-de-France, au BOZAR et au CIVA à Bruxelles, son travail a également été soutenu par les Ateliers Médicis et le programme FORTE. Cofondateur du studio d’architecture sato, il enseigne depuis 2022 à l’ENSA Saint-Étienne et poursuit en parallèle des projets associant architecture, patrimoine et pratiques collectives.

Le projet « C’est mon patrimoine » invite les adolescent·es du Local Jeune d’Arreau à découvrir le patrimoine local et à en proposer leur propre lecture au cours d’une semaine consacrée à l’exploration du territoire. Le projet associe des temps de marche, des ateliers de création et des rencontres avec différents acteur·ices locaux, en portant une attention particulière au patrimoine agro-pastoral qui caractérise fortement les vallées.

Au cours de ces cinq jours, les rencontres et explorations servent de point de départ à un travail de création au cours duquel ils fabriquent, à partir de ressources locales, des objets et des maquettes qui leur permettent progressivement de construire leurs propres récits. Ceux-ci prennent finalement la forme d’un théâtre d’ombres imaginé et réalisé collectivement.

La semaine est pensée comme une expérience immersive durant laquelle le groupe partage aussi bien les activités que les différents moments de la vie quotidienne. Les jeunes participent à l’organisation et à la logistique du séjour ; cette dimension collective fait pleinement partie du projet et permet aux participants de gagner en autonomie tout en développant une expérience commune du territoire. Les activités proposées au fil des journées alimentent progressivement les histoires imaginées par le groupe, qui sont racontées et expérimentées lors des veillées avant de trouver leur forme définitive. À l’issue de la semaine, les jeunes présentent leur théâtre d’ombres à leurs familles ainsi qu’au public du Festival Nature d’Aulon. Le projet leur permet ainsi d’aborder le patrimoine autrement, à partir de ce qu’ils observent, des personnes qu’ils rencontrent et des expériences qu’ils vivent ensemble, pour devenir à leur tour les auteurs de récits sur leur territoire.

En fin de semaine, Jacques-Marie Ligot poursuit la proposition en l’ouvrant à tous les publics, en organisant à La Soulane un atelier atelier de notation des gestes comme patrimoine pour étudier l’espace de la danse. Au programme : initiation, discussion & transmission ainsi qu’un bal autour des danses traditionnelles occitanes, avec le Trio eth Chòt et Jean-Yves Barraco.