Antoine Dochniak est un artiste sculpteur qui crée des formes hybrides, composées de matériaux organiques (pétales de fleurs, pollen, résine de pin, cire d’abeille…) entremêlés à des éléments industriels qui dessinent dans l’espace des présences énigmatiques. Dans des œuvres qu’il qualifie de « zones fictionnelles », dotées de leurs propres législations et capables de reconfigurer les cartographies existantes, il met en regard le symptôme et sa contrepartie, qui aurait trait au soin ou à la protection. Il fait de ses sculptures un lieu où nouer des collaborations, conviant notamment, selon ses propres mots, « les oubliés de la chaîne de production ».
Invité par Le Transfo pour une résidence de recherche et de production à Aulon, Antoine Dochniak développe un travail autour de « l’esthétique de la contre-enquête », attentif aux traces laissées par les activités humaines et non humaines dans le paysage.
Au cœur de la zone humide d’Aulon, l’artiste s’intéresse notamment à une ancienne construction en béton utilisée autrefois pour traiter les moutons contre la gale. À partir de ce vestige et des transformations invisibles inscrites dans le sol, il envisage le paysage comme un espace traversé par des histoires, des usages et des formes de pollution.
Par l’observation, la collecte de récits et d’images, les archives et la sculpture, Antoine Dochniak compose un « anti-paysage » qui révèle les relations et les tensions habituellement invisibles d’un territoire. Ses œuvres, produites sur place, s’inscrivent directement dans l’environnement auquel elles répondent.