Née en 1996 dans le Val-de-Marne, Inès Fontaine vit à Paris et travaille à Pantin. Diplômée en design graphique de l’ENSBA Lyon en 2020, elle développe une pratique à la croisée de la photographie, de l’édition, de la sculpture et de l’installation. La collecte et l’assemblage occupent une place centrale dans son travail et lui permettent d’interroger les notions de mémoire et d’héritage. En parallèle, Inès Fontaine développe une pratique culinaire collaborative, dans laquelle le repas devient un espace de rencontre, de création et de narration collective.
Le projet puise notamment dans Le Livre de cuisine d’Alice B. Toklas et dans l’œuvre de Gertrude Stein, où cuisine, littérature, vie intime et politique s’entremêlent. Il fait également écho aux recherches de l’ethnologue Yvonne Verdier sur les savoirs transmis par les femmes dans la France rurale. Ces références nourrissent une attention portée aux gestes quotidiens, aux récits intimes et aux savoirs dits « mineurs », souvent invisibilisés mais essentiels à la construction d’une mémoire collective.
Invitée par Le Transfo pour une résidence entre Aulon et Bagnères-de-Bigorre, Inès Fontaine développe un projet à partir du fonds photographique Alix, mémoire visuelle de l’histoire sociale, culturelle et économique des Hautes-Pyrénées. À partir d’une sélection d’images issues de ces archives, l’artiste imagine cinq repas comme autant de réponses artistiques et sensibles aux photographies. Cuisine, images, récits et souvenirs se rencontrent autour de la table pour faire émerger une mémoire vivante et collective du territoire. Entre archives et nouvelles images, le projet explore ainsi les gestes du quotidien, la transmission et les savoirs souvent invisibilisés.