aménagement de l’espace de médiation de la maison bertrone

En s’appuyant sur un réseau de partenaires de proximité, l’aménagement de la Maison Bertrone compose avec des matériaux locaux comme le cèdre et la laine auroise, ou de récupération, comme la toile de parachute. Le projet est guidé par une envie collective de repenser l’accès à la culture comme un processus de co-création, renversant la dynamique traditionnelle entre le centre et les périphéries culturelles, en re-positionnant les habitant·es au cœur des actions mises en place. À l’intersection de thématiques sociales, écologiques et culturelles, cette initiative se positionne comme un modèle expérimental de lutte active contre les inégalités d’accès aux activités culturelles en montagne.

L’aménagement de l’espace dédié à la médiation a été pensé, conçu et produit avec les architectes Jade Marçais et Jacques-Marie Ligot, la verrière Lucie de Bodinat et la modéliste Jeanne Gilois. Cet espace est consacré à l’accueil des publics dans le cadre d’ateliers de pratique artistique, de concerts, de lectures, de projections, de repas, etc., et il est un espace de travail pour les artistes invité·es. Les éléments de mobilier – de la lampe au fauteuil, en passant par la table, les assises et les rangements – ont été pensés comme des œuvres d’art pérennes, répondant à des critères d’accessibilité, de confort et de fonctionnalité. Par ailleurs, ils évoquent certains enjeux, tels que l’être ensemble, le refuge en sécurité ou le repos, tout en interrogeant les frontières entre l’art contemporain et la montagne, à travers le prisme de l’usage quotidien.

Jade Marçais (1990, France), designer et architecte d’intérieur de formation, défend une approche poétique, collective et raisonnée des espaces. Elle exerce entre le Pays Basque et Paris. Elle fonde le °studio déjà° en 2019, autour d’une réflexion sur les espaces « domestiques » et intimes. Sensible au sujet des usages, au pouvoir des récits et des savoirs faires, elle imagine des propositions contemporaines faisant discuter les domaines de l’architecture, de la scénographie et du design. Une pratique transversale qui a pour objectif de fabriquer de nouveaux scénarios, des espaces intérieurs ou dispositifs sensibles à leur contexte et aux problématiques narratives : car habiter ou pratiquer un espace, c’est saisir l’importance de nos environnements.

Modéliste de formation, Jeanne Gilois travaille à l’endroit où la surface devient volume. Par la coupe, le pli, la tension et l’assemblage, elle développe un vocabulaire de formes dont le corps constitue la première mesure. Sa recherche se déplace progressivement du vêtement vers l’objet et l’installation, où les gestes du modélisme rencontrent de nouvelles contraintes. De ces rencontres émergent des formes nouvelles. Cette circulation constitue la méthode même de sa pratique, chaque déplacement venant renouveler une même recherche sur la manière dont la forme advient.

Suivant un désir de se former en tant que technicienne verrière pour des projets artistiques et de design, Lucie de Bodinat suit un apprentissage au Cirva de 2022 à 2024. Elle poursuit sa formation dans différents ateliers en République tchèque, au Québec et au Mexique, avant de revenir à Marseille pour le programme Cirva Émergence, depuis janvier 2026. Par ailleurs, elle se forme à l’apiculture en Ardèche.

Jacques-Marie est architecte et développe une pratique à la croisée de l’architecture, de la recherche et de la création artistique. Spécialisé dans la construction bois, il s’intéresse particulièrement aux gestes, aux savoir-faire et au patrimoine vernaculaire et immatériel. À travers des projets menés avec des artistes, des danseurs et des habitants, il explore le récit collectif, la danse et le geste comme outils pour penser et expérimenter l’espace.Son travail l’amène à intervenir dans différents territoires, notamment dans le Parc naturel régional de l’Aubrac, où il mène des itinérances en milieu rural depuis 2016. Présenté au FRAC Île-de-France, au BOZAR et au CIVA à Bruxelles, son travail a également été soutenu par les Ateliers Médicis et le programme FORTE. Cofondateur du studio d’architecture sato, il enseigne depuis 2022 à l’ENSA Saint-Étienne et poursuit en parallèle des projets associant architecture, patrimoine et pratiques collectives.